Le jour d’après

joieMa crevette,

Est-ce bien nécessaire? Je ne crois pas. Mais je ressens pourtant le besoin de t’expliquer comment tout s’est passé, ce jour-là. Et le jour d’après.

Le mininain m’ayant encore pourri ma nuit (il s’était décidé pour le programme « je geins pendant des heures sans trop savoir c’que j’ai ») le moins qu’on puisse dire est que je n’étais pas fraîche en me levant ce matin-là.

Mais, après 3 cafés et un aspirine, j’étais bien décidée  à m’attaquer (enfin) à cette montagne de linge qui me narguait depuis trois mois jours.

J’enclenchais donc le mode « serial killeuse de montagne de linge », et y a pas à dire, j’étais remontée, j’allais lui faire sa fête.

Et puis au bout du 3 ème T-shirt, mon cerveau s’est mis à faire tourner les pensées…comme du linge dans une machine. Tu sais, quand ça tourne, ça tourne…et ça dure longtemps. (Je vois que toi aussi tu as une machine à laver, tu a saisi si vite…)

Mes pensées donc. Je les chasse et elles reviennent. Des bribes de souvenirs. Des mots. Des trucs auxquels je n’aime pas réfléchir.

Je trie les paires de chaussettes. J’ai les larmes aux yeux.

C’est étrange comme ces choses auxquelles je ne pense jamais d’habitude ne cessent de m’obséder aujourd’hui. Et comme la douleur est vive.

Les larmes ruissellent sur mes joues et je n’essaie plus de les retenir. J’abandonne mes chaussettes pour me réfugier sur mon PC (lui qui me comprend si bien).

Il FAUT que ça sorte : « Celui qui a la diarrhée on peut pas l’empêcher d’aller aux toilettes » comme disait l’autre (mais si tu sais: Gnassingbé Eyadema, dictateur du Togo et poète à ses heures).

J’ai pleuré pendant plusieurs heures ce jour là, ça faisait bien longtemps. J’ai pleuré avant d’écrire et j’ai pleuré pendant. J’avais bien du mal à voir mon écran.

Et j’ai cliqué sur « publier ».

Je sais, c’est terriblement cliché. Mais c’est bien vrai: je me suis sentie tellement mieux. J’ai embrassé mes nains et pour me faire pardonner de les avoir ignorés toute la matinée je leur ai fait des crêpes.

Mes mots (maux?) était sortis, je les avais expulsés sans sommation comme on expulse…des trucs. J’ai juste ressenti un soupçon de culpabilité…Je me suis dit « tu vas embêter tout le monde avec ton article déprimant. Non, mais sérieusement, tu aurais pu garder ça pour toi. Et, qu’est-ce que tu fais ta chouineuse, y en a qui ont grandi dans un pays en guerre, figure toi! » Et puis l’autre voix dans ma tête (oui, il y en a plusieurs, tu t’en doutais, je te le confirme) a dit « Mais, on s’en tape de ce qu’ils pensent! Tu l’as fait pour toi et pis d’abord c’est ton blog alors t’as bien le droit d’y écrire c’que tu veux! Allez reprends une crêpe et tartine-la bien d’huile de palme, aujourd’hui c’est la fête! »

Et le lendemain, c’était effectivement la fête. J’étais en sélection Hellocoton!

contenteAh, crevette! Si tu avais été là tu m’aurais entendu pousser mon cri ou plutôt mon ricanement de joie celui qui évoque le dauphin malade et la hyène affamée, celui qui fait un peu peur à mes enfants. C’est un son que je n’émets qu’en de rares occasions…

J’étais devenue une star. Si, j’te dis.

J’ai même failli sortir mes lunettes Valentino, celle que je mets quand je veux faire ma belle…ou quand il y a du soleil. Mais elles allaient pas tellement avec mon peignoir en pilou. J’ai le droit d’être encore en peignoir à midi, de quoi tu t’mèles?

Bref, tout ça pour dire que je me sentais vraiment contente. Et presqu’en paix avec moi-même. Il s’est même passé quelque chose d’étrange: j’ai eu l’impression d’avoir grandi. Et tu sais quoi crevette? J’ai commencé à penser que peut-être un jour, ce vide, je le comblerai.

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